(The following is a prepared address by PIG GIRL guest speaker at the Feb 4 performance,  Leonie Couture, who is the founder of La rue des femmes)

 

Bonsoir,
Ce soir, dans cette pièce bouleversante de Colleen Murphy
que nous venons de voir, Il y a cette réplique insistante,
exhortante, exigeante de la femme agonisante, « …turn
your head an’ see me »
“See me, see me what … see what”? Voit quoi?
Moi, je vois tes blessures, je vois la souffrance de tes
blessures; tes blessures qui te font mal, tellement mal
Je vois ta souffrance qui se manifeste par ta façon d’être,
par ton comportement, qui souvent me fait peur et me
confronte quand j’oublie ta souffrance
Je vois ta souffrance qui se manifeste par ton mal-être, par
ton mal,
Je vois tes blessures causées par la violence, le racisme, la
haine et la folie
Parce que la violence et le racisme blessent au coeur
même de l’être, de l’être relationnel et fait si mal
Et détruit ta santé relationnelle qui est ta capacité d’être
en relation avec toi-même et avec les autres.
“See me, see me what … see what”?
Je vois ta force, ta résistance, ta résilience, ton
acharnement à retrouver ta vie, à transcender ta vie, à te
voir toi-même, « to see yourself ».
Je te vois, toi, comme toutes tes soeurs qui viennent cheznous,
à La rue des Femmes pour être accueillies, aidées,
sécurisées, soignées et vues. Des femmes comme toi qui
ont tant perdu, des femmes brisées, blessées par la
violence, le mépris, le racisme, des femmes profondément
vulnérables.
Elles ont perdu leur santé relationnelle, comme toi. Pour
elles, être en relation n’est souvent que souffrance.
Comme toi, elles sont des femmes en état d’itinérance,
des femmes ignorées et invisibles. Des femmes qui,
comme toi n’abandonnent pas et demandent d’être
soignées, sécurisées, entendues, vues. Elles ont besoin de
guérir leurs blessures et de retrouver leur santé
relationnelle.
Comme tout le monde elles ont le droit à LA SANTÉ, À LA
SÉCURITÉ, AU RESPECT.
« …turn your head an’ see me »
Parce que tu es mon miroir qui me ramène à moi, à mes
blessures, à ma vulnérabilité, à mon humanité, à mon
insécurité, à mon silence, à mon humiliation, à ma honte…
Et humblement, je te dis merci, et je dis « plus jamais… »