Les Voisines

 

Les Voisines

May 24th – June 1st, 2019

Du 24 mai au 1er juin 2019

Toward an understanding…

Les voisines, created by Arianna Bardesono, is an urban audio walk through Outremont and the Mile End that explores the distance a woman feels between herself and Hasidic women living in the city she calls home. Born out of a deep curiosity to understand, Les voisines aims at connection by exploring humans’ relationship to space, difference, culture and each other.

 

Dans un désir de comprendre…

Les voisines, création d’Arianna Bardesono, propose un parcours audio dans les quartiers du Mile End et d’Outremont, à l’écoute d’une femme qui tente de percer le mur invisible entre elle et la communauté hassidique. Né d’un profond désir de comprendre, Les voisines cherche à établir une connexion en explorant les rapports des humains entre eux, aux lieux et à la culture.

 

 

All times are now SOLD OUT

To be put on the waitlist, call the office at 514-274-3222

LOCATION:

Imago Booth at the corner of

Mont-Royal & Esplanade
Duration of walk: 1 hour

May 24, 27-31
3pm, 5pm

May 25, 26 & June 1
12pm, 2pm, 4pm

Talkbacks will take place from 5-7pm on Sunday May 26  and Saturday June 1st at  Café della Pace, 1002 av. Van Horne Montreal H2V 1J5

Upon your registration, we will e-mail you with more information about your start time for the event.

Admission is $15 or Pay-What-You-Decide. Register by clicking on the Pay-What-You-Decide or Regular ticket button below or by calling 514-274-3222.

 

Point de départ:

Le point de départ est à l’angle
de Mont-Royal et Esplanade.
Durée : 1 heure

24 mai, 27-31 mai
15h, 17h

25 et 26 mai, 1er juin
12h, 14h, 16h

Nombre limité de places.

Au moment de la réservation, nous vous indiquerons par courriel la case horaire précise à laquelle vous serez inscrit.

Des discussions avec le public auront lieu de 17h à 19h les dimanche 26 mai et samedi 1er juin au Caffé della Pace au 1002, avenue Van Horne, Montréal H2V 1J5

Coût : 15$ ou Payez-Ce-Que-Vous-Voulez
en cliquant sur les boutons ci-dessous ou en appelant
514-274-3222 

LOCATION:

Imago Booth at the corner of

Mont-Royal & Esplanade
Duration of walk: 1 hour

May 24, 27-31
3pm, 5pm

May 25, 26 & June 1
12pm, 2pm, 4pm

Talkbacks will take place from 5-7pm on Sunday May 26  and Saturday June 1st at  Café della Pace, 1002 av. Van Horne Montreal H2V 1J5

Upon your registration, we will e-mail you with more information about your start time for the event.

Admission is $15 or Pay-What-You-Decide. Register by clicking on the Pay-What-You-Decide or Regular ticket button below or by calling 514-274-3222.

Point de départ:

Le point de départ est à l’angle
de Mont-Royal et Esplanade.
Durée : 1 heure

24 mai, 27-31 mai
15h, 17h

25 et 26 mai, 1er juin
12h, 14h, 16h

Nombre limité de places.

Au moment de la réservation, nous vous indiquerons par courriel la case horaire précise à laquelle vous serez inscrit.

Des discussions avec le public auront lieu de 17h à 19h les dimanche 26 mai et samedi 1er juin au Caffé della Pace au 1002, avenue Van Horne, Montréal H2V 1J5

Coût : 15$ ou Payez-Ce-Que-Vous-Voulez
en cliquant sur les boutons ci-dessous ou en appelant
514-274-3222 

 

CREATIVE TEAM
équipe de création

click on the images to read the team’s bios

Arianna Bardesono
Creator/Création

Shauna Janssen
Dramaturgy/Dramaturgie

Pierre-Luc Brunet
SoundEngineer/Sonorisation

NOTES FROM CREATOR ARIANNA BARDESONO

November 23, 2017.

The pediatrician’s waiting room is a yellow rectangular room.
The chairs against the walls form an L along two sides.

I’m sitting on one, another mother sits a few chairs away.
I smile at the little boy that is with her.
His fleeting gaze grazes me, a person on the periphery.

My son Marlowe’s hands and eyes are focused
on a bead 
maze with swirling wires.

Primary colour beads swiftly sliding in all directions.
They’re a similar age, I think.

The little boy joins him. Two engineers fascinated by a new machine.

The coloured bead traffic quickens.

Hands collide on the same yellow bead, and a
moment of confrontation shifts seamlessly into play.

I smile and look up to meet the eyes of the little boy’s mother,
a young orthodox Jewish woman.

My words -like coloured beads- climb up through my throat,and are
instantly stopped up; 
discomfort jams them up against the rails.

I freeze.
I don’t look at her.
My eyes slice the air.

We are two floating icebergs, her and I.
All of a sudden, the voice of Poppy the receptionist shatters the ice.

I sweep Marlowe up and disappear into the safety of the doctor’s office.”

 

That day, in the pediatrician waiting room on Parc Avenue, this project began without me knowing it. What happened then? When my eyes went to meet hers, seeking to see and be seen, they found an invisible wall existing between us, a Hasidic Jewish woman and a goy (secular) woman.

Until then, crossing paths with a Hasidic woman in the street had been a common and unexceptional event. Our relationship in the anonymity of the street was simple: she ignored me and I kept on my path, invisible to her. But here, where proximity, human need, and motherhood made our connections so unequivocal, the safety of anonymity evaporated. Somehow the closeness of our children exposed the distance between us, revealing a wall of disconnect. Only this time I couldn’t miss that I was responsible for the bricks built on my side.

Being seen by her made me self-aware. I couldn’t bear all that exposure, so I kept my wall up: projected indifference was my brick and internal turmoil, the plaster.

Les voisines was thus born out of the need to destroy my side of the wall. It became a journey that has not yet come to an end. A voyage into a land unknown. A land that, while appearing impossibly different, exists only a few streets away from my neighbourhood.

Along the path, I encountered my own nostalgia for the past. I discovered the traces left by other immigrants that, like me, came to this land in search of a home. Slowing down to the pace of a stroll without purpose, I lost my bearings and awakened to the stories stored in this city’s fibers. The habitual and familiar faded in favour of the imaginary. Known borders dissolved and a new geography of memory and experience emerged. I was no longer an outsider to a part of my city. Dismantling my ignorance and unsophisticated assumptions about a community I had been living alongside, I discovered the meaning of urban coexistence outside of a drive for integration and assimilation. My walks helped me to forage more shards of “knowing” to add to the mosaic window I am trying build on this age-old wall of distance.

One step in, two out.

Although there is no definite destination, I will borrow Henry Miller’s words to wish you a memorable promenade. “One’s destination is never a place, but a new way of seeing things.”

A. B

 

La salle d’attente de mon pédiatre est une pièce jaune rectangulaire.
Les chaises dessinent un L le long de deux murs.

J’occupe une chaise, une autre mère est assise un peu plus loin.
Je souris au petit garçon en sa compagnie.
Son regard furtif m’effleure, personne lointaine.

Les yeux et les mains de mon fils Marlowe sont fixés
Sur un jeu de billes glissant sur des fils tourbillonnants

Les billes de couleurs vives virevoltent en tous sens.
Ils ont le même âge, je pense.

Le petit garçon rejoint mon fils. Deux ingénieurs fascinés par une nouvelle machine.

Le mouvement des billes colorées s’accélère.

Les mains agrippent la même bille jaune : un
moment de confrontation se transforme rapidement en un jeu.

Je souris et je cherche le regard de la mère du garçonnet,
une jeune juive orthodoxe.

Les mots, comme des billes colorées, montent le long de ma gorge
puis soudain bloquent; un malaise freine leur élan.

Je fige.
Je la fuis du regard.
Je regarde dans le vide.

Nous sommes, elle et moi, deux icebergs à la dérive.
Soudain, la voix de Poppy, la réceptionniste, brise la glace.

Je prends Marlowe et me réfugie dans la chaleur du bureau du médecin.

C’est ce jour-là, dans une salle d’attente d’un médecin sur l’avenue du Parc, que s’amorce à mon insu ce projet.

Que s’est-il passé, alors?

Lorsque mon regard a cherché le sien, désireuse de voir et d’être vue, il a frappé contre un mur invisible qui s’élevait entre nous, une jeune femme hassidique et une goy (une séculière).

Jusque-là, croiser dans la rue une hassidique était un événement banal. Notre rencontre dans l’anonymat de la rue était simple :

Elle m’ignorait et je poursuivais mon chemin, invisible.

Mais ce jour-là, la proximité, l’instinct humain et la maternité nous mettaient sans équivoque en relation,

La protection de l’anonymat s’était évaporée.

La proximité de nos enfants accentuait la distance entre nous, dévoilait le mur élevé entre nous. Seulement ce jour-là, j’ai pris conscience que j’étais responsable des briques que je posais de mon côté de ce mur.

D’être vue par elle aiguisait ma conscience de moi. Je n’ai pas supporté d’être ainsi exposée, alors j’ai élevé mon mur : mon apparente indifférence constituait mes briques, ma confusion intime, le plâtre.

Les voisines est né du désir d’abattre mon côté du mur. C’est devenu un parcours inachevé, à ce jour…

Un trajet en terre inconnue.

Une terre qui, en apparence irrémédiablement différente, existe à quelques pâtés de maisons dans le voisinage.

Pendant ma route, j’ai croisé ma propre nostalgie du passé. J’ai découvert les traces laissées par d’autres immigrants qui, comme moi, étaient venus en ce pays à la recherche d’un foyer. Ralentissant le pas pour flâner au hasard, j’ai perdu mes repères pour mieux découvrir les histoires inscrites dans les fibres de la ville. L’habituel et le familier laissèrent la place à l’imaginaire. Les frontières connues se sont abolies et une nouvelle géographie de la mémoire et de l’expérience a émergé.

Cette partie de ma ville ne m’était plus étrangère. Surmontant mon ignorance et mes grossières suppositions à propos d’une communauté voisine, j’ai découvert le sens d’une coexistence urbaine en dehors d’un désir d’intégration et d’assimilation. Mes promenades m’ont permis de découvrir plus de tessons de savoir à ajouter à la fenêtre en mosaïque que je construis dans ce mur séculaire.

Un pas avant, deux en arrière.

Bien qu’il n’y ait pas de destination précise, j’emprunte ici les mots d’Henry Miller pour vous souhaiter une inoubliable balade : « la destination du voyageur, de la voyageuse, n’est jamais un lieu, mais un nouveau regard sur les choses. »

– Arianna Bardesono

 

NOTES FROM DRAMATURG SHAUNA JANSSEN

Notes from the field:

On the dramaturgy of walking and storytelling with the city

“Through the act of walking, connections between people and places are continually made and re-made, physically and conceptually over time and through space. Public concerns and private fantasies, past events and future imaginings are brought into the here and now, into a relationship that is both sequential and simultaneous. Walking is a way of at once discovering and creating the city.”

– Jane Rendell, from “Imagination is the Root of all Change.” 2011.

Most of the time walking in the city is practical, a means for moving from point A to point B. Over the years I have embraced walking in urban environments as a means for (re)discovering my relationship to a sense of place in the city. My passion for making art and stories that are produced by and with walking in the city – a storytelling that moves beyond the historical presence of the stage – has been informed by a number of theatre and sound artists, thinkers, writers and performance theorists such Janet Cardiff, Jane Rendell, Rebecca Solnit, Michel de Certeau, and many more. For me, walking and storytelling (vis a vis audio walks) are dramaturgical in a way that scenes are constructed as encounters of being in and with the public and private spaces of a city – a dramaturgy that draws focus to memory and place, exploring space, time, and particularly urban histories, where the city becomes a vital collaborator in the creation of our stories and urban meaning.

 

 

 

 

 

As an urban dramaturg I am interested in how the practice of dramaturgy can be applied beyond play scripts and dramatic literature to other cultural settings and performances, disciplines and spaces. In other words, how is the role of the dramaturg and dramaturgy expanding to inhabit other creative, performative, material, spatial, design and social practices; where dramaturgical practice is one of placing emphasis on connections (and perhaps contestations) between settings, bodies, materials, texts, histories, and architectures.

From Old English the noun “neighbour” derives its meaning from “near dweller.” With Les voisines, Arianna Bardesono invites walkers to wander into the social and cultural histories of the Montreal neighbourhoods of Mile End and Outremont; to trace and embody her own footsteps, proximities, and experiences of crossing both real and imagined social boundaries in the city, and what it means to be a “near dweller” searching for an encounter with difference, otherness, and a sense of connection and (be)longing in the city. –Shauna Janssen 

Notes de terrain :

Sur la dramaturgie de la marche et la narrativité sur la ville

« Par l’acte de la marche, des connexions physiques et conceptuelles entre les gens et les lieux se font et se refont continuellement au fil du temps et à travers l’espace. Des préoccupations publiques, des fantasmes privés, des événements passés et des futurs rêvés sont transportés ici et maintenant dans une relation à la fois séquentielle et simultanée. Marcher, c’est une façon d’à la fois découvrir et créer la ville. »

– Jane Rendell, Imagination is the Root of all Change (L’imagination, la source de tout changement), 2011

Marcher dans la ville est la plupart du temps une question pratique. Il s’agit de se rendre d’un point A à un point B. Au fil des années, j’ai adopté la marche dans des espaces urbains comme une façon de (re)découvrir ma relation à la notion d’espace dans la cité.

Ma passion pour la création artistique et littéraire inspirée par la marche urbaine – une narrativité qui dépasse la présence historique de la scène – a été nourrie par de nombreux artistes de théâtre, sonorisateurs, penseurs, auteurs et théoriciens de la performance, tels Janet Cardiff, Jane Rendell, Rebecca Solnit, Michel de Certeau, entre autres. Selon moi, marcher et raconter (au moyen de parcours audio) sont des gestes dramaturgiques en ce sens que les scènes s’élaborent en évoluant dans les espaces urbains rencontrés dans les lieux publics et privés de la cité- une dramaturgie qui fait appel à la mémoire et aux lieux, explorant l’espace, le temps, en particulier, les histoires urbaines, où la cité devient une collaboratrice essentielle à la création de nos histoires et du sens de l’urbanité.

 

 

 

 

 

En tant que dramaturge de l’urbanité, je m’intéresse à la pratique de la dramaturgie au-delà du théâtre et du texte dramatique; dans d’autres installations ou performances, disciplines ou lieux. Autrement dit, comment le rôle du dramaturge et de la dramaturgie peut-il s’étendre à d’autres pratiques sociales, spatiales, architecturales, matérielles, performatives et créatives; une pratique de la dramaturgie mettant en relief les connexions (et peut-être les oppositions) entre les lieux, les corps, les matériaux, les textes, les histoires et les architectures.

 

Le sens du mot neighbour dérive de l’ancien anglais near dweller, « une personne vivant près d’une autre ». Avec Les voisines, Arianna invite les promeneurs à explorer l’histoire sociale et culturelle des quartiers du Mile-End et d’Outremont en marchant dans leurs propres pas; en faisant l’expérience de proximités étonnantes et de franchissements de barrières sociales imaginaires et réelles au sein de la ville. Découvrir ce que signifie être une « résidente proche » en quête d’une rencontre avec la différence, l’altérité et d’un sentiment d’appartenance à la ville. 

– Shauna Janssen

Rain Cancellation Policy

In the event of rain, the walk will be cancelled. While these walks can be completed in a light shower, once visibility is lowered and safety becomes a concern we can no longer offer this experience. The Imago Team will be notifying you by the telephone number you provide on your ticket purchase form to reschedule you for another walk, to the best of our ability. If the weather looks questionable and you want to ask about the status of your walk, please contact the office at 514-274-3222.

Trigger Warnings

Here at Imago, we believe strongly in the audience member’s experience and the opportunity to be moved, transformed, and surprised by the stories they see on stage. To that end, when publicizing our works, we want to avoid giving away the plot points and twists that may provide those very experiences. That said, we are sensitive to the fact that there are some themes and events that may cause particular distress to some of our audience members. If there are certain topics, production elements such as lighting techniques, or allergies that you are aware may cause you distress or compromise your health  and you’d like to speak to an Imago Theatre team member to find out more about a show before you book, you can call the Office at 514-274-3222 or email us at info@imagotheatre.ca.

Thank you to our incredible supporters who have made this project possible.